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Philippe VI de Valois

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Philippe VI de Valois :

Le premier roi Valois face à la guerre de Cent Ans

 

 

 

Introduction

En 1328, la France se trouve confrontée à une situation qu’elle n’avait plus connue depuis des siècles.

Charles IV le Bel vient de mourir sans laisser de fils. Avec lui disparaît le dernier représentant masculin de la branche directe des Capétiens.

Depuis Hugues Capet, monté sur le trône en 987, la couronne avait toujours trouvé un héritier au sein de cette lignée.

Cette fois, il faut chercher ailleurs.

Mais à qui doit revenir le royaume ?

Deux parentés vont bientôt dominer la question : celle de Philippe de Valois, cousin des derniers rois par les hommes, et celle d’Édouard III d’Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, Isabelle de France.

Le choix effectué en 1328 va profondément transformer l’histoire de France.

Philippe de Valois, un cousin appelé au trône

Philippe naît en 1293. Il est le fils de Charles de Valois, frère de Philippe IV le Bel, et donc le cousin germain de Louis X, Philippe V et Charles IV.

Rien ne le destinait à devenir roi.

Mais lorsque Charles IV meurt le 1er février 1328, son épouse Jeanne d’Évreux est enceinte. Il faut attendre la naissance de l’enfant avant de savoir si la dynastie directe peut se poursuivre.

Philippe de Valois reçoit alors la régence du royaume.

Quelques semaines plus tard, Jeanne met au monde une fille.

Il n’existe désormais plus d’héritier masculin direct.

Les grands du royaume se tournent vers Philippe de Valois, dont la filiation capétienne passe exclusivement par les hommes.

Il devient Philippe VI, premier roi de la branche des Valois, et est sacré à Reims le 29 mai 1328.

Une nouvelle dynastie commence.

Une couronne qui ne fait pas disparaître les rivalités

Le choix de Philippe semble d’abord accepté.

Édouard III d’Angleterre est pourtant lui aussi un descendant de Philippe le Bel : sa mère Isabelle est la fille du roi de France.

Mais sa parenté passe par une femme.

Le principe qui s’est peu à peu imposé lors des successions précédentes écarte non seulement les femmes de la couronne, mais finit également par empêcher qu’elles transmettent à leurs fils un droit au trône.

Édouard III ne devient donc pas roi de France.

Dans un premier temps, il reconnaît Philippe VI et lui rend hommage pour ses possessions françaises.

Mais la paix reste fragile.

Car derrière la question de la couronne se cache un problème beaucoup plus ancien.

Le roi d’Angleterre possède toujours des terres dans le royaume de France et doit, pour celles-ci, reconnaître la suzeraineté du roi de France.

Deux rois se retrouvent ainsi liés par une relation féodale devenue de plus en plus difficile à accepter.

Un début de règne qui semble pourtant prometteur

Philippe VI commence son règne avec autorité.

Quelques mois seulement après son accession au trône, il intervient en Flandre pour soutenir le comte Louis de Nevers contre les villes flamandes révoltées.

Le 23 août 1328, l’armée française remporte la bataille de Cassel.

Cette victoire renforce considérablement le prestige du nouveau souverain.

Philippe VI peut apparaître comme un roi puissant, capable de s’imposer aux grands seigneurs et de poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs.

La dynastie des Valois semble solidement installée.

Pourtant, les difficultés ne vont pas tarder à s’accumuler.

La France et l’Angleterre sur le chemin de la guerre

Les relations entre Philippe VI et Édouard III se dégradent progressivement.

Les possessions anglaises en Guyenne restent une source permanente de conflits.

La France soutient aussi les adversaires écossais du roi d’Angleterre, tandis qu’Édouard cherche des alliés dans les territoires du nord de l’Europe et en Flandre.

En 1337, Philippe VI prononce la confiscation de la Guyenne.

Édouard III riposte en contestant la légitimité du Valois et en revendiquant la couronne de France.

Le conflit dynastique rejoint alors les rivalités féodales, territoriales et économiques accumulées depuis des décennies.

La guerre commence.

Personne ne peut encore imaginer qu’elle se prolongera, avec de longues interruptions, pendant plus d’un siècle.

Le premier roi d’une France bientôt frappée par les crises

Le règne de Philippe VI ne sera pas seulement celui du commencement de la guerre de Cent Ans.

Il connaîtra aussi de graves difficultés militaires.

En 1346, l’armée française subira face aux Anglais la terrible défaite de Crécy.

Calais tombera l’année suivante.

Puis, en 1348, un autre ennemi arrivera en France, contre lequel aucune armée ne pourra combattre : la peste noire.

Ainsi, celui qui avait commencé son règne par une victoire éclatante à Cassel verra son royaume entrer dans l’une des périodes les plus difficiles de son histoire.

Philippe VI avait reçu une couronne contestée par les circonstances.

Il allait devoir la défendre face à un adversaire qui n’avait pas oublié qu’il était lui aussi un descendant de Philippe le Bel.

Avec Philippe VI de Valois, une nouvelle dynastie commence.

Mais avec elle commence également l’une des plus longues guerres de l’histoire de France.

  1. Philippe VI de Valois : une nouvelle dynastie monte sur le trône

Lorsque Charles IV le Bel meurt le 1er février 1328, la France entre dans une période d’incertitude.

Pour la première fois depuis des siècles, aucun fils ne peut immédiatement succéder au roi défunt.

La reine Jeanne d’Évreux est enceinte. Si elle donne naissance à un garçon, celui-ci deviendra roi. Dans l’attente de l’accouchement, il faut donc désigner un régent capable de gouverner le royaume.

Le choix se porte sur Philippe de Valois.

À trente-cinq ans, ce prince appartient à l’une des branches les plus importantes de la famille capétienne. Son père, Charles de Valois, était le frère de Philippe IV le Bel. Philippe est donc le cousin germain des trois derniers rois : Louis X, Philippe V et Charles IV.

Mais être régent ne signifie pas encore être roi.

Tout dépend de l’enfant que porte Jeanne d’Évreux.

Une petite fille qui change le destin du royaume

Le 1er avril 1328, la reine donne naissance à une fille, Blanche.

La branche masculine directe issue de Philippe le Bel est désormais éteinte.

Il faut choisir un nouveau souverain.

Philippe de Valois possède un avantage essentiel : il descend des rois de France par une succession exclusivement masculine.

Mais un autre prince possède une parenté particulièrement proche avec Philippe le Bel : Édouard III, roi d’Angleterre.

Sa mère, Isabelle de France, est la fille de Philippe le Bel.

Édouard est donc son petit-fils.

Cependant, accepter sa prétention supposerait qu’une femme puisse transmettre à son fils un droit à la couronne qu’elle ne peut elle-même exercer.

Les grands du royaume retiennent Philippe de Valois.

Cette décision prolonge le principe qui s’était imposé lors des successions de Louis X et de Philippe V : la couronne ne revient pas aux femmes. L’exclusion de la transmission par les femmes s’affirme à son tour en 1328 ; ce n’est que plus tard que ces principes seront explicitement rattachés à ce que l’on appellera la loi salique.

Philippe devient le premier roi Valois

Philippe est sacré à Reims le 29 mai 1328.

Il devient Philippe VI de France.

Avec lui commence la dynastie des Valois.

Mais il ne faut pas imaginer une famille totalement étrangère aux Capétiens.

Philippe VI est lui-même un Capétien : il descend de Saint Louis et d’Hugues Capet. Ce qui disparaît en 1328 est la branche directe qui occupait jusque-là le trône.

Une branche cadette prend sa place.

Le nouveau roi doit cependant rapidement démontrer qu’il possède l’autorité nécessaire pour porter la couronne.

L’occasion lui en est donnée aussitôt.

La révolte de Flandre

Depuis plusieurs années, le comté de Flandre connaît de graves troubles.

Le comte Louis de Nevers, fidèle au roi de France, est confronté à une importante révolte menée notamment par des communautés urbaines et rurales flamandes.

Le nouveau roi décide d’intervenir pour rétablir son vassal.

Pour Philippe VI, l’enjeu dépasse largement la situation flamande.

Il vient à peine de recevoir la couronne.

Une victoire montrerait aux grands seigneurs du royaume qu’il est capable de commander une armée et de faire respecter l’autorité féodale.

Il rassemble donc l’ost royal et marche vers la Flandre.

La bataille de Cassel

Le 23 août 1328, les deux armées s’affrontent près de Cassel.

Les Flamands lancent une attaque audacieuse contre le camp français et surprennent une partie de l’armée royale.

La situation devient, un moment, dangereuse.

Mais les chevaliers français se regroupent et contre-attaquent.

Le combat tourne finalement au désastre pour les insurgés flamands. Leur armée est écrasée et la révolte réprimée.

Louis de Nevers retrouve son autorité.

Pour Philippe VI, la victoire est considérable.

Quelques mois seulement après son accession au trône, le nouveau roi vient de remporter une bataille importante. Les chroniques médiévales associeront le début de son règne à cette victoire de Cassel.

Un roi qui paraît solidement installé

Philippe VI peut désormais regarder l’avenir avec confiance.

Il a été reconnu par les grands du royaume.

Il a été sacré à Reims.

Il a remporté une victoire militaire.

Même Édouard III ne s’oppose pas à son accession au trône.

En 1329, le roi d’Angleterre vient à Amiens rendre hommage à Philippe VI pour ses possessions françaises. Les deux souverains semblent donc accepter l’ordre établi.

En apparence, la crise de succession de 1328 est terminée.

La nouvelle dynastie paraît solidement installée.

Mais derrière cette cérémonie d’hommage demeure une situation presque impossible à résoudre.

Édouard III est roi en Angleterre, mais vassal du roi de France pour ses terres françaises.

À cela s’ajoutent les rivalités en Guyenne et en Flandre, ainsi que l’intervention française dans les affaires écossaises. La BnF souligne précisément que la future guerre de Cent Ans trouve ses origines à la fois dans la succession française et dans ces conflits territoriaux et féodaux.

La victoire de Cassel avait donné à Philippe VI l’image d’un roi puissant.

Quelques années plus tard, il allait devoir affronter un adversaire autrement plus redoutable.

Cet adversaire était son propre vassal :

Édouard III, roi d’Angleterre.

 

  1. Philippe VI et Édouard III : le début de la guerre de Cent Ans

En 1329, lorsque Édouard III vient rendre hommage à Philippe VI à Amiens pour ses possessions françaises, les apparences sont encore celles de la paix.

Le roi d’Angleterre reconnaît le nouveau souverain français.

Mais derrière les cérémonies et les serments subsiste une situation particulièrement délicate : un roi est le vassal d’un autre roi.

Édouard III règne souverainement sur l’Angleterre. Pourtant, pour les terres qu’il possède dans le sud-ouest de la France, il doit reconnaître l’autorité supérieure de Philippe VI.

Cette relation féodale, héritée de plusieurs générations de conflits entre les deux royaumes, devient de plus en plus difficile à maintenir.

Et la question de la succession de 1328 n’a rien arrangé.

La Guyenne, une vieille source de rivalités

Depuis longtemps, les rois de France cherchent à renforcer leur autorité sur les territoires détenus par les souverains anglais dans le royaume.

La Guyenne constitue l’un des principaux points de friction.

Les appels judiciaires, les droits féodaux et les limites de l’autorité de chacun provoquent sans cesse des querelles.

Édouard III supporte difficilement les interventions françaises dans son duché.

Philippe VI, de son côté, entend exercer les droits que lui confère sa position de suzerain.

La paix repose donc sur un équilibre fragile.

Il suffit d’un nouvel incident pour que les tensions éclatent.

L’Écosse complique encore les relations.

Une autre rivalité oppose les deux souverains : l’Écosse.

Depuis longtemps, la France entretient des liens avec les Écossais, adversaires traditionnels de l’Angleterre.

Lorsque Édouard III intervient dans les affaires écossaises, Philippe VI soutient ses adversaires.

Pour le roi d’Angleterre, cette attitude constitue une menace directe.

De son côté, Philippe peut difficilement accepter qu’un vassal devenu puissant mène sa propre politique sans tenir compte des intérêts français.

À la rivalité féodale s’ajoute désormais une véritable opposition diplomatique.

Robert d’Artois, un ennemi réfugié en Angleterre

Un homme va encore envenimer les relations entre les deux cours : Robert d’Artois.

Longtemps proche de Philippe VI, dont il est le beau-frère, Robert revendique le comté d’Artois.

Mais son combat judiciaire tourne au désastre lorsqu’il est accusé d’avoir utilisé de faux documents pour défendre ses prétentions.

Condamné et banni du royaume, il finit par trouver refuge auprès d’Édouard III.

Philippe VI réclame son expulsion.

Le roi d’Angleterre refuse.

L’affaire prend alors une dimension politique.

Robert d’Artois devient l’un des ennemis les plus acharnés de Philippe VI et encourage Édouard III à s’opposer au roi de France.

Peu à peu, toutes les conditions sont réunies pour que le conflit éclate.

1337 : Philippe VI confisque la Guyenne

En 1337, Philippe VI franchit une étape décisive.

Estimant qu’Édouard III a manqué à ses devoirs de vassal, il prononce la confiscation du duché de Guyenne.

Pour le roi d’Angleterre, cette décision est inacceptable.

Il ne s’agit plus seulement d’une querelle juridique ou diplomatique.

Ses possessions françaises sont directement menacées.

Édouard décide alors de riposter.

Et pour atteindre Philippe VI, il possède une arme redoutable : sa naissance.

Édouard III revendique la couronne de France.

Édouard III est le fils d’Isabelle de France.

Il est donc le petit-fils de Philippe IV le Bel et le neveu de Louis X, Philippe V et Charles IV.

En 1328, cette parenté n’avait pas suffi à lui donner la couronne.

Philippe de Valois avait été choisi.

Édouard avait finalement accepté cette situation et lui avait rendu hommage.

Mais en 1337, le roi d’Angleterre remet la question dynastique au premier plan et revendique ouvertement le royaume de France. La querelle successorale devient alors une arme politique supplémentaire dans un conflit déjà alimenté par la Guyenne, l’Écosse et les rivalités féodales.

Deux rois revendiquent désormais la légitimité sur la couronne française.

La rupture est consommée.

Une guerre qui ne ressemble pas encore à la guerre de Cent Ans

Pour nous, la date de 1337 marque le début de la guerre de Cent Ans.

Mais les hommes de l’époque ne savent pas qu’ils entrent dans un conflit qui se prolongera, avec de nombreuses trêves, pendant plus d’un siècle.

Au commencement, il s’agit d’une nouvelle guerre entre les royaumes de France et d’Angleterre.

Édouard III cherche des alliés sur le continent, notamment dans les régions du nord.

La Flandre représente un enjeu considérable.

Ses villes drapières ont besoin de la laine anglaise pour faire fonctionner leurs ateliers. Les intérêts économiques rapprochent donc une partie des Flamands de l’Angleterre, malgré les liens féodaux du comté avec la France.

Philippe VI et Édouard III cherchent chacun à attirer ces territoires dans leur camp.

La guerre devient européenne.

La France paraît la plus puissante.

Au début du conflit, Philippe VI peut pourtant se montrer confiant.

Le royaume de France est vaste, peuplé et riche.

Le roi dispose d’une noblesse nombreuse et d’une chevalerie réputée dans toute l’Europe.

Face à lui, l’Angleterre semble disposer de ressources plus limitées.

Sur le papier, le rapport de forces paraît donc favorable aux Français.

Mais la guerre va révéler une différence essentielle dans la manière de combattre.

Les Anglais utilisent avec efficacité leurs archers équipés du longbow, le grand arc anglais, capables de décocher rapidement de nombreuses flèches.

La chevalerie française, elle, reste attachée à la charge montée, symbole du courage et de l’idéal chevaleresque.

Cette différence tactique va bientôt avoir des conséquences terribles.

Les premières années d’un conflit interminable

Pendant plusieurs années, opérations militaires, négociations et trêves se succèdent.

En 1340, la flotte française subit une lourde défaite navale à L’Écluse, au large de la Flandre.

Édouard III peut désormais faire traverser plus facilement ses troupes vers le continent.

Mais aucune victoire décisive ne met encore fin au conflit.

Puis, en 1346, le roi d’Angleterre débarque en Normandie avec une armée.

Ses soldats avancent à travers le royaume.

Philippe VI rassemble alors une immense armée pour les arrêter.

Les deux forces vont se retrouver face à face dans le nord de la France, près d’un petit village de Picardie.

Son nom va devenir célèbre dans toute l’Europe :Crécy.

Le 26 août 1346, Philippe VI pense pouvoir écraser l’armée anglaise.

Il ignore encore que cette journée va devenir l’une des plus grandes catastrophes militaires du Moyen Âge français.

 

  1. Crécy, Calais et la peste noire : les années sombres de Philippe VI

En août 1346, Philippe VI pense enfin tenir l’occasion d’arrêter Édouard III.

Le roi d’Angleterre a débarqué en Normandie quelques semaines auparavant. Son armée a ravagé plusieurs régions et s’est avancée vers le nord, poursuivie par les forces françaises.

Philippe rassemble une armée considérable.

Il dispose de nombreux chevaliers et grands seigneurs venus combattre sous la bannière royale.

Face à cette puissance, l’armée anglaise paraît vulnérable.

Pourtant, le 26 août 1346, près du village de Crécy-en-Ponthieu, la chevalerie française va subir l’une des plus terribles défaites de son histoire.

Crécy : quand la chevalerie française se brise

Édouard III choisit soigneusement sa position.

Ses hommes s’installent sur un terrain favorable à la défense. Les archers anglais et gallois sont placés de manière à pouvoir couvrir le champ de bataille de leurs tirs.

Lorsque l’armée française arrive, elle est fatiguée par la marche.

Les troupes sont nombreuses, mais leur organisation laisse à désirer. Tous les hommes n’arrivent pas en même temps et Philippe VI ne parvient pas à imposer une attente suffisamment ordonnée avant le combat.

Des arbalétriers génois combattant pour les Français sont envoyés en avant.

Ils se heurtent aux archers anglais.

Le grand arc utilisé par ces derniers permet des tirs rapides et répétés. Une pluie de flèches s’abat sur les assaillants.

Les Génois reculent.

La chevalerie française se lance alors à son tour dans la bataille.

Les charges se succèdent.

Mais le terrain, les hommes déjà engagés et les tirs anglais rendent l’assaut extrêmement difficile.

Hommes et chevaux tombent.

Les chevaliers qui suivent se heurtent parfois à ceux qui les précèdent.

La bataille tourne au massacre.

Philippe VI lui-même est blessé.

Le roi de France participe au combat.

Philippe VI est blessé, mais refuse d’abord de quitter le champ de bataille.

La nuit tombe cependant et la défaite devient évidente.

Le roi doit finalement se retirer.

De nombreux grands seigneurs restent sur le terrain.

Parmi les morts figure notamment Jean de Luxembourg, roi de Bohême, devenu aveugle depuis plusieurs années et dont la mort au combat contribuera à nourrir sa légende chevaleresque.

Crécy est une catastrophe.

La noblesse française vient de découvrir qu’une armée de chevaliers, aussi prestigieuse soit-elle, n’est pas invincible.

Mais Édouard III ne s’arrête pas là.

Calais, une ville abandonnée après onze mois de siège

Après Crécy, le roi d’Angleterre se dirige vers Calais.

La ville occupe une position stratégique exceptionnelle face aux côtes anglaises.

Édouard décide de s’en emparer.

Le siège commence en septembre 1346.

Calais résiste pendant près d’un an.

À l’intérieur des murailles, les réserves diminuent. La faim devient terrible.

Philippe VI tente de venir au secours de la ville durant l’été 1347.

Mais les positions anglaises sont solidement établies et les conditions permettant une bataille favorable ne sont pas réunies. Après des négociations infructueuses, l’armée française se retire.

Calais n’a plus aucun espoir.

La ville capitule le 3 août 1347.

Les bourgeois de Calais entre histoire et légende

La reddition de Calais donnera naissance à l’un des récits les plus célèbres de la guerre de Cent Ans.

Selon le chroniqueur Jean Froissart, Édouard III exige que six bourgeois de la ville viennent lui remettre les clés, pieds nus, la corde au cou, prêts à être exécutés afin de sauver les habitants.

Eustache de Saint-Pierre et cinq autres hommes se présentent.

La reine Philippa de Hainaut aurait alors supplié son époux de leur accorder la vie.

Le roi aurait accepté.

Ce récit, transmis et embelli au fil des siècles, deviendra le symbole du sacrifice des bourgeois de Calais.

La prise de la ville, elle, est bien réelle et représente un immense succès stratégique pour l’Angleterre.

Calais restera sous domination anglaise pendant plus de deux siècles, jusqu’en 1558.

Pour Philippe VI, après Crécy, cette nouvelle perte est particulièrement douloureuse.

Mais un mal plus terrible approche déjà du royaume.

1348 : la peste noire arrive en France

À partir de 1347-1348, une terrible épidémie se répand en Europe.

La peste noire atteint Marseille à la fin de l’année 1347 avant de se diffuser dans le royaume lors de l’année suivante.

Les villes sont particulièrement vulnérables.

La maladie frappe avec une violence effroyable.

Fièvres, douleurs et bubons précèdent souvent une mort rapide.

La médecine médiévale est incapable d’en comprendre les mécanismes et encore moins de l’arrêter.

La population cherche des explications.

Certains voient dans l’épidémie une punition divine. Processions et prières se multiplient.

La peur provoque également de terribles violences. Des communautés juives, accusées à tort d’avoir provoqué la maladie, sont persécutées et massacrées dans plusieurs régions d’Europe.

En quelques années, la peste emporte une part considérable de la population européenne.

La France n’est pas épargnée.

Après les ravages de la guerre viennent ceux de l’épidémie.

Un royaume profondément affaibli

Les conséquences sont immenses.

Des villages perdent une partie de leurs habitants.

Des terres ne sont plus cultivées.

Le commerce est perturbé.

La main-d’œuvre devient plus rare.

Des familles entières disparaissent.

La société médiévale est profondément bouleversée.

Philippe VI, qui avait commencé son règne en vainqueur à Cassel, voit désormais son royaume frappé par plusieurs catastrophes successives.

Crécy a montré les faiblesses de l’armée française.

Calais est devenue anglaise.

La peste a décimé la population.

Et la guerre contre Édouard III n’est toujours pas terminée.

Les dernières années de Philippe VI

Malgré ces épreuves, Philippe VI obtient aussi un important agrandissement territorial à la fin de son règne.

En 1349, Humbert II, dernier dauphin de Viennois, cède le Dauphiné au petit-fils du roi, le futur Charles V.

Désormais, l’héritier du trône de France portera le titre de dauphin.

Cet héritage traversera les siècles.

Philippe VI meurt le 22 août 1350.

Son fils Jean lui succède sous le nom de Jean II le Bon.

Le premier roi Valois laisse derrière lui un bilan contrasté.

Son accession au trône avait évité une vacance du pouvoir et sa victoire de Cassel avait donné à son règne un commencement prestigieux.

Mais la guerre contre l’Angleterre avait ensuite révélé les fragilités militaires du royaume.

Crécy et Calais resteront attachés à son nom.

Et lorsqu’il disparaît, la guerre de Cent Ans ne fait que commencer.

Son fils Jean II va bientôt découvrir que les épreuves traversées par son père n’étaient qu’un prélude.

Car quelques années plus tard, à Poitiers, un nouveau désastre attend l’armée française.

Cette fois, le roi de France lui-même tombera aux mains des Anglais.

 

Conclusion : Philippe VI de Valois, le roi qui ouvrit une nouvelle époque

Lorsque Philippe VI meurt en 1350, vingt-deux années se sont écoulées depuis son accession au trône.

En un peu plus de deux décennies, le royaume de France a profondément changé.

Philippe était devenu roi à la suite d’une crise dynastique sans précédent. Premier souverain de la branche des Valois, il avait commencé son règne avec l’ambition de poursuivre l’œuvre des Capétiens directs.

Mais les événements vont entraîner la France dans une période beaucoup plus sombre.

De la victoire de Cassel au désastre de Crécy

Les débuts du règne avaient pourtant été prometteurs.

Quelques mois après son sacre, Philippe VI remportait la victoire de Cassel et rétablissait l’autorité du comte de Flandre.

Le nouveau roi semblait avoir démontré sa légitimité par les armes.

Vingt ans plus tard, la situation est bien différente.

Face à Édouard III, l’armée française a subi la terrible défaite de Crécy.

La bataille révèle les faiblesses d’une chevalerie prestigieuse mais confrontée à de nouvelles tactiques militaires.

Puis vient la perte de Calais.

Cette ville stratégique restera anglaise pendant plus de deux siècles.

Le règne qui avait commencé par une victoire éclatante se trouve ainsi durablement marqué par deux graves revers militaires.

Le premier roi de la guerre de Cent Ans

Philippe VI restera surtout dans l’histoire comme le premier roi de France confronté à ce que nous appelons aujourd’hui la guerre de Cent Ans.

Cette guerre ne naît pas d’une cause unique.

La succession de 1328 joue un rôle essentiel, mais elle se combine avec les rivalités autour de la Guyenne, les relations féodales entre les deux souverains, la question écossaise et les intérêts économiques en Flandre.

Lorsque Philippe confisque la Guyenne en 1337, Édouard III riposte et remet en avant ses droits à la couronne de France.

La rivalité entre les deux hommes devient alors celle de deux royaumes.

Aucun des deux souverains ne pouvait imaginer que leurs successeurs combattraient encore plus d’un siècle plus tard.

La peste noire, un ennemi plus terrible que les armées

Comme si la guerre ne suffisait pas, Philippe VI voit son royaume frappé par une catastrophe d’une tout autre nature.

La peste noire atteint la France et se propage avec une rapidité effrayante.

Face à elle, les forteresses, les armures et les armées ne servent à rien.

La maladie frappe toutes les catégories de la population et bouleverse durablement l’économie et la société.

En quelques années seulement, la France connaît donc la guerre, une grande défaite militaire, la perte de Calais et une épidémie meurtrière.

Le royaume des premiers Capétiens, patiemment agrandi et renforcé pendant des siècles, entre dans une période d’incertitude.

Un héritage qui traversera pourtant les siècles

Le règne de Philippe VI ne se résume cependant pas à ses défaites.

En 1349, l’intégration du Dauphiné dans l’orbite de la monarchie française constitue un événement important.

Le territoire est destiné au petit-fils du roi, le futur Charles V.

À partir de cette époque, le titre de dauphin sera associé à l’héritier du trône de France.

Des générations de princes le porteront jusqu’à la fin de la monarchie.

Ainsi, au milieu des catastrophes qui frappent son règne, Philippe VI laisse également un héritage territorial et dynastique durable.

Le fondateur d’une nouvelle dynastie

Philippe VI avait reçu une mission difficile : succéder aux Capétiens directs sans être lui-même le fils du roi précédent.

Il réussit néanmoins à installer durablement les Valois sur le trône.

Cette dynastie donnera à la France plusieurs souverains qui marqueront profondément son histoire.

Mais pour l’heure, les difficultés ne font que commencer.

Lorsque Philippe VI meurt le 22 août 1350, son fils lui succède sans nouvelle crise dynastique.

Il devient Jean II le Bon.

Le nouveau roi hérite d’un royaume affaibli par la guerre et la peste, tandis que les Anglais restent une menace permanente.

Et bientôt, à Poitiers, Jean II devra affronter le fils d’Édouard III, le redoutable Prince Noir.

La bataille se terminera par une nouvelle catastrophe.

Cette fois, contrairement à Philippe VI après Crécy, le roi de France ne réussira pas à s’échapper.

Il sera fait prisonnier.

Ainsi s’achève le règne du premier Valois.

Avec Philippe VI, une nouvelle dynastie s’était installée sur le trône.

Avec ses successeurs, la France allait devoir apprendre à survivre à la guerre de Cent Ans.

Marie61

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Marie61

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